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Chroniques J-pop

The Yellow Monkey – Punch Drunkard

Beaucoup d’artistes accèdent à la renommée grâce à un premier (ou second) album ou single qui les propulse sur le devant de la scène. The Yellow Monkey ne fait pas partie de ces groupes.

Formé en 1988 par Kazuya Yoshii, il ne faudra que quelques mois pour que le groupe de rock s’ancre dans la formation qu’on lui connaît encore aujourd’hui. Leur leader au chant, Youichi Hirose à la Basse et Eiji Kikuchi à la batterie avec son frère Hideaki à la guitare. Kazuya expliquera plus tard que le choix du nom est un pied de nez au cliché raciste qui voudrait que les asiatiques ressemblent à des singes (-sic-), jaunes de surcroît.

L’apparence des membres du groupe aux cheveux longs, mélange inspiré du glam rock et de heavy metal, ainsi que leur énergie phénoménale leur valent une solide réputation de bêtes de scènes. Au jeu des comparaisons, on placerait le quatuor quelque part entre les Rolling Stones et Aerosmith, aussi bien physiquement que musicalement.

La voix puissante de leur leader et leurs compositions mélodiques permettent au groupe de sortir un premier mini-album de 7 titres en 1991.

L’année suivante, ils signent leur premier album major chez Triad/Nippon Columbia dans lequel on retrouve les prémisses des puissantes ballades déchirantes qui deviendront leur marque de fabrique. Il faudra cependant attendre la fin de l’année 1995 et la sortie de leur cinquième album Four Seasons, enregistré à Londres, pour que le groupe atteigne finalement le succès mérité. Admettons que leur chanson Tactics, utilisée comme générique de fin pour l’anime Rurouni Kenshin, les aura un peu aidés.

Suivent alors deux albums également enregistrés à Londres (et anecdotiquement sortis en Angleterre), Sicks et Punch Drunkard, qui rencontrent le même succès au Japon.

Ce septième disque est véritablement l’aboutissement de la carrière de The Yellow Monkey en termes de composition et d’accessibilité de leurs chansons, même pour un public non-initié. Les mélodies pop/rock sont diablement efficaces et l’album ne contient pratiquement que des tubes : Kyukon, BURN, LOVE LOVE SHOW ou la déchirante Hanareru na (traduction : « ne me quitte pas », aucun lien avec la chanson de Jacques Brel, mais tout aussi touchante). Même sans comprendre les paroles, dans chaque chanson la voix de Kazuya suffit à transmettre frissons et émotions dans des envolées lyriques puissantes et déchirantes.

Si après l’écoute de cet album, l’univers et les sonorités du groupe vous parlent, il vous faudra alors sans hésiter vous jeter sur l’album précédent du groupe, Sicks, légèrement moins accessible mais avec encore plus de profondeur et d’âme, dont la magnifique Tengoku Ryokou, un titre épique de 8 minutes, est considéré par beaucoup comme la pièce maîtresse du groupe.

Par Reyep レイエップ

Amateur des cultures de l'imaginaire, tombé dans la culture musicale pop/rock japonaise en 1994 et autodidacte du web depuis la fin du précédent millénaire. Joueur vidéoludique, sérievore, aficionado de cinéma. Incatalogable.